Que sait-on de plus sur la cigarette électronique ?

Que sait-on de plus sur la cigarette électronique ?

 

Au début des années 2000, on voit apparaître les premiers brevets concernant la cigarette électronique. Depuis son succès commercial, quelle place occupe-t-elle dans notre société ?

Avant tout, contextualisons ce qu’est la cigarette électronique. 

À la base, il s’agit d’un mélange liquide composé de glycérine végétale, de propylène glycol, d’arômes et en option de nicotine. Ce liquide est ensuite chauffé, à plus ou moins 60°C, par une résistance qui crée de la vapeur et le tout sans combustion. À la différence de la fumée produite par une cigarette traditionnelle, cette vapeur ne contient pas de goudron ni de monoxyde de carbone et de particules fines.

La cigarette électronique ou vapoteuse est souvent présentée comme une alternative au tabac, moins nocive,  ou comme un substitut pour le sevrage tabagique. Selon le rapport du ministère de la santé publique britannique la cigarette électronique serait 95 % moins toxique qu’une cigarette classique.

Cependant, cet été, les Etats-Unis l’ont interdite. La raison : au moins 12 personnes ont perdu la vie et des centaines d’infections pulmonaires sont survenues. Des enquêtes révèlent que les cigarettes électroniques des victimes contenaient de l’huile de THC, principale molécule du cannabis.

Le débat est donc de nouveau ouvert en Europe : que sait-on réellement sur la cigarette électronique ? Jusqu’à quel point est-elle nocive ? 

 

Etat des lieux : 

 

D’après l’OMS, dans un rapport sur le tabagisme publié le 26 juillet 2019 (avec seulement 2 pages consacrées à la cigarette électronique sur 200), le potentiel effet du vapotage «n’était pas clair», en d’autres termes l’agence reconnaît que «les effets à long terme des inhalateurs électroniques de nicotine restent inconnus», mais déclare qu’elle est «incontestablement nocive». 

 

En conclusion, le rapport de l’institution onusienne estimait que la vapoteuse «ne devrait pas être promue comme une aide au sevrage». Bref, certains professionnels de santé estiment qu’une analyse aussi minime sur la situation ne fait absolument pas avancer le débat…

 

Cependant, certains symptômes sur notre santé sont mis en avant dans ce rapport tel que l’irritation des voies respiratoires, de la gorge et des yeux, ou encore le risque d’effets cardiovasculaires.

 

Dans les faits, les “vapoteurs” consomment avec l’intention de réduire ou arrêter de fumer du tabac. Mais ce changement se transforme fréquemment en addiction à la cigarette électronique sans réellement arrêter la consommation de tabac, et augmenterait le risque nocif pour la santé. De plus, le mimétisme entre la cigarette électronique et la cigarette de tabac (la gestuel, la nicotine, etc.), favoriserait l’acte de fumer et contribuerait à le normaliser. Il est donc possible que le “vapotage” constitue une ouverture vers le tabagisme, notamment pour les plus jeunes.

 

L’interrogation sur la nocivité, la plus récente, porte sur les e-liquides. D’après stop-tabac.ch, des substances chimiques et des particules ultrafines connues pour être toxiques, cancérigènes et/ou irritantes sont détectables dans les aérosols, les cartouches et les liquides de recharge. De plus, lorsque la cigarette électronique est modifiée ou défectueuse, elle peut chauffer à haute température le liquide et donc générer des substances toxiques pour le consommateur.

Le SPF Santé publique, précise sur son site que “l’arrêté royal du 28 octobre 2016 relatif à la fabrication et à la mise dans le commerce des cigarettes électroniques impose aux fabricants/importateurs commercialisant, en Belgique, des cigarettes électroniques et des flacons de recharge, de fournir aux autorités, 6 mois avant la date prévue de mise sur le marché, certaines informations sur le produit”

Enfin, il est tout de même constaté que plusieurs millions de vapoteurs consomment de manière continue et intensive la cigarette électronique (120 à 150 bouffées de vapeur par jour) sans que des effets indésirables soient perçus.

Dès lors, comment le consommateur peut se positionner dans ce flot d’information ? Dans quelle direction allons-nous aller ? Interdiction ou limitation ? Beaucoup de questions qui restent encore sans réponse.

Si vous avez des questions prenez-rendez avec un cardiologue sur Doctoranytime.